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Le ch'ti mi atterré

Nord-Pas de Calais et Picardie, tous des chtis?

22 Novembre 2014 , Rédigé par Rémi Matuszewski Publié dans #Identité régionale

Le Député Pascal Demarthe, député d'Abbeville, a défendu dans le débat parlementaire la fusion du Nord-Pas de Calais et de la Picardie, en faisant notamment référence à une langue picarde commune. "La langue picarde, illustre parfaitement notre identité commune : elle est parlée par plus de 500 000 personnes sur un vaste territoire qui comprend nos cinq départements, ainsi que la province du Hainaut en Wallonie. D’ailleurs, le chtimi n’est que la déclinaison du picard dans le Nord-Pas-de-Calais", dit-il.

La variété de langue d'oïl que constitue le picard est effectivement un élément partagé entre les deux actuelles régions Picardie et Nord Pas de Calais. C'est une langue régionale (et non une déformation du français) qui a pris une forme écrite dès le 9e siècle, avec la fameuse Cantilène de Sainte-Eulalie, conservée à la bibliothèque de Valenciennes.

Nord-Pas de Calais et Picardie, tous des chtis?

Elle fait aujourd'hui partie des langues régionales menacées, malgré un soutien public, notamment de la Région Picardie, au travers de l'agence pour le picard et de la communauté française de Belgique.

Mais, outre le fait que les différents dialectes picards ont des différences assez marquées entre le Vimeu et l'Amiénois ou le Ch'ti de Lille, le rouchi de Valenciennes, le domaine linguistique picard ne s'étend pas sur l'ensemble des deux régions Nord-Pas de Calais et Picardie actuelles.

Nord-Pas de Calais et Picardie, tous des chtis?
  • Le Nord Pas de Calais est situé, comme la Belgique (ou la Lorraine), sur la frontière linguistique entre langues romanes (langue d’oïl-picard) et langues germaniques (flamand de l’ouest).
    Contrairement à ce que pourrait laisser penser Bienvenue chez les ch'tis, tourné à Cassel, la langue flamande fait partie intégrante, aux côtés du picard, de l'identité de la Région.
    L’extension de la pratique du flamand sur le territoire de l’actuelle région Nord Pas de Calais a eu tendance à régresser au fil de l’histoire. Parlé de Lille (Rijsel) jusqu’à Boulogne sur Mer (Bonen) au Moyen-Âge, la pratique néerlandophone se limite aujourd’hui à l’arrondissement de Dunkerque (Duinkerke ou Duunkerke), particulièrement autour de Cassel (Kassel) où se situe l’Institut de la Langue Régionale Flamande.
  • Le Sud de l’actuelle Picardie (Vexin, Pays de France, Valois, Brie), qui appartenait historiquement au Domaine royal, n'a jamais été picardophone : c’est à Villers-Cotterêts que François 1er prend son ordonnance de 1539 faisant du français la langue de l’administration et de la justice et c’est à Château-Thierry qu’est né et a écrit le fabuliste Jean de la Fontaine.
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